Internet a révolutionné l’accès à l’information médicale. Mais on ne s’improvise pas cybermédecin.

Nos conseils pour éviter les pièges du web !

Aujourd’hui, nous nous précipitons sur la Toile au moindre bobo: 94 % des internautes glanent de l’information médicale sur le Web (Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) étude 2007).

Il suffit de taper ses symptômes sur un moteur de recherche pour ­trouver des résultats d’essais cliniques, des thérapies alternatives et le soutien ­d’autres patients connectés en réseau. Cet accès facile et gratuit à la science nous donne la sensation d’assumer plus de responsabilités dans la gestion de notre santé.

Mais comment être sûr de repérer la bonne info dans cette jungle de données ? Effectuez une recherche sur le seul terme « grippe A », et Google affichera plus de 14 millions de résultats ! Le classement des sites par fréquentation ou par mots-clés n’est pas un gage de pertinence. Que vous consultiez le premier ou le dernier site référencé par le plus performant des moteurs de recherche, vous risquez d’y trouver des renseignements sur des complications rares et mortelles tout autant que sur vos symptômes.
 

Savoir trier l’information

Indéniablement, le Web recèle quantité d’informations sérieuses. Une étude parue dans la revue Cancer fait état d’un taux d’erreur de 5,2 % sur les 343 pages consacrées au cancer du sein. Ce qui est dérisoire. Mais ­attention !, le risque de tomber sur des données erronées ou trompeuses est 15 fois plus élevé sur les sites promouvant les médecines alternatives que sur les sites institutionnels. D’où la nécessité de bien cibler ses recherches.

Mais tout le monde n’a pas la même capacité à trier l’information. Et, malgré notre appétit de détails, le médecin reste le mieux qualifié pour savoir ce qu’un patient est prêt à entendre. A trop en dire, Internet peut se transformer en machine à terroriser. A cet égard, l’étude de l’Inserm est sans appel : 15,6 % des internautes français reconnaissent avoir cherché des informations sur le Web en lieu et place d’une consultation médicale !

 

Le syndrome du malade imaginaire

Le souci ? « Une personne malade est vulnérable et n’a ni les compétences ni la distance nécessaires pour évaluer son état de santé, rappelle Étienne Caniard, membre du collège de la Haute Autorité de santé. D’ailleurs, les médecins connaissent l’im­portance de garder ce recul et confient généralement leur santé et celle de leurs proches à un confrère ! »

D’après une étude réalisée par Microsoft l’an dernier — qui constatait que 2 % des navigations Internet concernent des questions de santé —, les personnes essayant d’interpréter leurs symptômes via le Web ont tendance à conclure au pire ; environ un tiers des internautes de l’échantillon finissaient par orienter leurs recherches vers des pathologies graves, que la plupart n’avaient aucune raison d’envisager. Ce syndrome du malade imaginaire était déjà bien connu des étudiants en ­médecine. La «cyberchondrie» touche ces patients qui s’imaginent souffrir des pires maux de la Terre dès qu’ils consultent des sites santé. 

« Le principal danger des autodiagnostics, estime Étienne Caniard, est d’être trop alarmiste, et surtout faussement rassurant, au risque de retarder la prise en charge thérapeutique. » Un ordinateur ne peut évidemment remplacer ni les compétences cliniques du professionnel de santé, ni la relation médecin-patient. Le thérapeute écoute, observe, questionne avant d’examiner son patient. Il peut lui prescrire des examens complémentaires. Et même un tel arsenal est-il parfois insuffisant !
 

 Optimiser ses recherches

Depuis 2007, la Haute Autorité de santé s’est lancée dans une politique d’accréditation des sites médicaux. Celle-ci ­repose sur huit critères, dont la justification des affirmations, le financement, la datation des articles et leurs références, la confidentialité des données laissées par les internautes… « Cette ­accréditation n’est toutefois pas une ­garantie de contenu mais un outil d’aide à la lecture critique », souligne Étienne Caniard, l’un de ses promoteurs.

Alors comment savoir si un site doit inspirer confiance ou méfiance ?

Voici quelques questions à se poser: Le site a-t-il des produits à vendre ? Défend-il des intérêts particuliers qui pourraient nuire à son objectivité ? Les données sont-elles étayées par des études scientifiques pertinentes ? Il est impératif de soumettre le contenu de ces sites à un regard critique et avisé, et celui du médecin reste encore le plus fiable.
Cependant, le corps médical en vient peu à peu à valoriser la ressource Internet. Certains praticiens invitent déjà leurs patients à consulter des sites pour se documenter sur leurs pathologies, même si « rares sont encore les médecins qui les interrogent sur les connaissances acquises par Internet », concède Étienne Caniard. Mais cela viendra.

 

Découvrez les sites de santé "de confiance" en page suivante!

 

Voici 12 sites santé de confiance en France voisine

 

www.destinationsante.com, une agence de presse santé ouverte à tous.

www.orpha.net/international/Orphanet-fr-1.htm, dédié aux maladies rares.

www.chu-rouen.fr/cismef, le catalogue des sites médicaux francophones.

www.e-cancer.fr, site de l’INCA (Institut national du cancer).

www.www.afssaps.fr, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé

www.frm.org, un lien direct avec la recherche médicale.

www.eurekasante.fr, le guide Vidal associé à un site grand public.

www.vulgaris-medical.com, une encyclopédie médicale complète.

www.atoute.org, forum animé par des médecins bénévoles.

www.doctissimo.fr, leader en France

et www.e-sante.fr, son concurrent.
www.docteurclic.com, libre d’accès pour les informations et les diagnostics. Payant si vous contactez les téléconseillers.

 

 

1
Vous avez aimé?Votez maintenant !

Les plus conseillés dans Santé

  1. Thèmes spéciaux
  2. VOTRE CŒUR EST-IL EN PLEINE FORME?
  3. Déjouer les risques familiaux

Plus Trucs & astuces

Votre réaction !

Nom*
Adresse e-mail*
Commentaire*